31/08/2007

il pleut

C’matin tu vois j’me suis assise sur le muret,
Celui d’la croix près de l’école, le vent soufflait,
J’ai r’gardé les enfant, en contrebas, c’est la récré.

J’ai r’gardé l’passé, c’était ma cours y a des années.
J’ai r’gardé l’présent, grillé une clope, le vent soufflait,
Il était là l’présent, sous mes yeux, d’la pluie se jouait.
L’eau ruisselait l’long du trottoir,
J’ai r’gardé l’futur sans rien voir,
Le r’gard trop embué, sans doute.
Plus tard, j’ai r’gardé l’facteur sur la route,
Lui ai souris, il a levé mes doutes, et dit merci,
D’un sourire, c’est l’présent aussi.
Puis j’me suis assise là, le temps de rien,
Le temps de tout, ce temps c’est l’mien.
J’ai voulu faire un poème, poétiqu’ment correcte,
Ma main m’a donné ça, j’la respecte.
Sur ma p’tite campagne le vent soufflait,
Ça sentait bon la terre mouillée, le vent sifflait.

Régine

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29/08/2007

vieux "jas"

 

 

Il pleut sur le « Jas », les pierres entrent en sommeil.

Il pleut sur le jardin aux couleurs mordorées,

et mangée de rouille la table de fer forgée.

S’endorment les roses en attente de l’éveil.

 

Un souffle de vent d’automne effeuille un livre,

Baudelaire et ses spleens sous les feuilles oublié,

au vieux chêne livré, jusqu’au prochain été,

sous d’autres cieux la vie son cours va poursuivre.

 

A bientôt, peut être. Toutes ces choses qu’on se dit,

tant d’autres qu’avouent regards et gestes ,

se lient, se mêlent, passionnément funestes.

Reviendrons les amants, là où règne l’oubli

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20/08/2007

pluie d'étoiles

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Cette nuit nuages et étoiles au firmament

 Alternent, ballet sur fond de ciel torturé, 

Pudiques astres veillent sur de tendres serments, 

Bouche à bouche soufflés, sagement sussurés. 

 

 

Cette nuit, clair obscur, tableau de maître choisi, 

Sous la céleste voûte,  côte à côte deux ombres, 

Immobiles, le regard vers l’horizon indécis, 

Un murmure doucement s’élève des décombres. 

 

 

Cette nuit vieux berger l’histoire vous conte, 

Deux âmes semblables un jour séparées, 

On les montre du doigt celui de la honte. 

 

 

De son pas chacun va  sans son cœur altérer, 

Au détour d’un chemin,  destin fait ses comptes, 

Offre un peu de magie, poussière d’or envoyée.

 

Régine

 

 

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19/08/2007

Décédé

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Toutes ces tombes et ce silence,

 Marbrés de tant d’indifférence, 

Les graviers crissent sous mes pas, 

C’est donc cela vie et trépas. 

Tout n’est que mort,

Les tilleuls ont plus de vie que ces ombres en pleurs,

 Sur un sort qui n’est autre que leur, 

Ils ne leurrent personne,

 Engoncés dans leur noirceur, 

Oripeaux du Dimanche, 

Déjà ils comptent le blé, celui qu’ils n’ont pas eu, 

Qu’ils pourraient avoir en arrachant les dents   

A cette pauvre vieille,  

Dernière compagne d’un vieillard décrépis,

Aujourd’hui ci gît. 

Il est mort le père qui vous donna la vie, 

Pourtant un don honnête. 

 Il est mort un Jeudi, 

N’avait plus toute sa tête, il valait mieux ainsi, 

Mais il a bien vécu même s’il a mal fini.

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18/08/2007

larmes

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Larmes salvatrices, pluie de perles, l’âme tremble,

Après l’orage  doucement s’égoutte la peine,

Le ciel se penche sur les cœurs qui s’épanchent.

Croix, sublime image de souffrance, don de soi,

Crois, cueille la vie à ses pieds, oublie l’ombre funeste,

Quelques épis de blé, tache rouge le coquelicot,

Nourriture terrestre,

Le grain sera ton pain,

Ton quotidien le faire croître,

Ne coupe point la fleur elle ne saura que mourir

Mais là, sous le bois dressé lui viendront des graines,

Une autre année fleurira.

 

Régine

 

 

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15/08/2007

amour en saison

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L’automne  pose ses teintes,

Se souvient de nos étreintes,

Couleur de bois, couleur de vie,

Et l’amour en saison revit,

 

Te souviens tu du bord de l’eau,

Pour seuls rideaux quelques rameaux,

Ta bouche abeille, gourmande butine,

Les plis nacrés d’une rose mutine.

 

Me reviennent des délices,

Un soupçon de sacrifice,

Où courbée sous un vieux chêne,

Mes rondeurs tu malmènes.

 

Bientôt hiver et puis printemps,

Un autre été, plaisir d’amants,

Longtemps en moi je te retiens,

Et l’amour en saison revient,

 

Jamais lassé, réinventé,

Subtile désir alimenté,

Telles des braises à attiser

A  la douceur des alizés.

16:25 Écrit par r dans Amour | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Pause café

Le soleil se lève sur une dernière pause d’été,

Bientôt trop frais le matin pour mon banc retrouver,

Celui de pierre non loin du quai.

                    Personne n’y vient jamais.                      

 

Grondement des machines inlassable bruit de fond.

Faire le vide et de la fumée d’une cigarette des ronds

La chaleur d’un café dans la fraîcheur matinale,

Un regard au clocher immuable sentinelle. Journée banale.

 

Parfois un mot un rire échangé, un peu d’amitié.

Un vieux héros de la route son camion vient de charger.

Lui comme moi n’avons encore d’héroïque que la force de tenir

Cinq minutes à parler, de tout de rien sauf d’avenir et se sourire.

 

Combien de minutes de bonheur dans une vie ?

Peut être tiennent elles dans une heure ! Et puis,

Combien de pauses comme celles-ci. ?

Peut être tiennent elles dans une montre.

 

Régine 

10:59 Écrit par r dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

le pas de porte

Le repos après le labeur,

C’est ici qu’on attend l’orage,

On y  lit, y écrit, on y échange des mots,

Des nouvelles, tantôt bonnes,

Tantôt moins belles.

C’est aussi là qu’on se rencontre,

 Ou se quitte,

Qu’on s’embrasse, qu’on s’enlace,

Qu’on s’attire ou se déchire.

C’est au premier beaux jours la porte ouverte

Sur des pensées qui s’envolent.

 

Dans la pénombre un point lumineux,

Dernière cigarette,

L’air devenu lourd s’est chargé de milles senteurs,

L’herbe coupée embaume,

La lavande s’entête,

Prend le pas sur le basilic en fleur.

Un pas de porte un soir d’été,

Bientôt l’automne,

Et puis l’hiver.

 

De là aussi les p’tits s’envolent,

Du pas de porte un beau matin,

De loin en loin toujours plus loin.

Pas d’ quoi faire des rimes,

Tout juste un texte,

La vie est ainsi faite,

Et le temps passe,

Le pas de porte perd son crépi,

C’est là qu’un jour sagesse venue

Hier déroulera son paillasson,

J’aurai goûté toutes les saisons.

 

Régine

 

 

00:22 Écrit par r dans Amour | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

14/08/2007

pensée torturée

 

La plaine luit d’une lune pleine,

Pleine de grâce ombre glisse,

Femme de nuit erre âme en peine,

Dans tes rêves douce s’immisce.

 

Liane, voluptueuse te lie,

Sensuelle, velours te couche,

Ta reine, cruelle te plie,

Solitaire elle fuit, farouche.

 

Le cœur serré l’aube pointe,

Quitte la nuit à pas de loup,

Drapée d’aurore, joie feinte.

 

Ventre serré, cœur à genoux,

Le jour porte la complainte,

De leurs étreintes et moments doux.

 

 

14:12 Écrit par r dans Amour | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

13/08/2007

nostalgie

 

Il pleut sur hier, seule encore ma peau se souvient

 

Il pleut sur hier, seule encore ma peau se souvient

D’un flirt avec le vent, juste de soleil vêtue.

Un solitaire nuage le crépuscule retient,

Le ciel enfin rougeoie, l’été n’est pas perdu.

 

Il pleut sur hier, le jardin se désaltère,

Les arbustes s’ébrouent en ce joli fouillis,

D’immenses touffes de lavandes et roses de naguère,

A peine la boite aux lettres émerge d’un taillis.

 

Le quotidien vient remplir la page blanche,

Hier s’est passé de mots non pas de ressentis,

Il fait nuit et l’oiseau a quitté la branche.

 

Il pleut sur hier, seul mon corps se souvient du nid,

Parfum de thym, ta bouche descend sur ma hanche,

Un chant de cigale, tant de choses qu’on ne dit.

 

Rég.

21:23 Écrit par r dans Amour | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |